Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 20:40

Avec un remerciement spécial à Audrey NICAUD, formée à l'INSEEC, qui est à l'origine de cette coopération.

 

 

 

Colloque RH & I.E. MEDEF, Paris.

 

Paris, le 14 décembre 2011.

 

INTERVENANTS :


Martine  MARANDEL,  présidente  de  la  commission  Intelligence  économique  du MEDEF  Ile-­de-­France.

 

Christophe  LEPARQ,  fondateur  et  animateur  du  Club  DéciDRH   "IE  &  RH".

 

Isabelle  TISSERAND,  professeur  à  l'INSEEC  (master  Gestion  des  RH,  protection  du patrimoine  humain).

 

Amiral  Olivier  LAJOUS, Directeur  du  personnel  militaire  de  la  Marine  Nationale  et Président  du  Club  DéciDRH.

 

Thibault RENARD  (ACFCI).

 

Bernard  BESSON,  ex  chargé  de  mission  auprès  du  Haut Responsable à l'Intelligence Economique.

 

Patrick  DEVAUX,  conseiller  en  stratégie  opérationnelle  chez  EADS.

 

Sabine  HAMAN,  Vice-Présidente,  head  of  strategy  &  competency  development  chez  EADS.

 

Loïc HISLAIRE,  Directeur  des  ressources  humaines  de  SNCF  EPI.

 

Jean-­Michel  VERGNE,  VP  european  operations  chez  blueKiwi.

 

Eric  VALIN,  Professeur, expert  en  intelligence  économique.

 

Fabrice  RIZZOLI,  Chercheur, auteur, spécialiste  des  réseaux  mafieux.

 

Christophe  ASSELIN,  Expert  veille  Internet  et  e-­réputation  chez  DIGIMIND.

 

Thibault  du  MANOIR  de  JUAYE,  avocat  à  la  Cour  et  auteur  spécialiste  en  intelligence  économique.

 

Sofiane  SAADI,  Université  de  Vancouver  Canada.

 

Guy  DEBAUX,  responsable  intelligence  économique  à  la  COFACE.

 


 

Discours d'ouverture


Nous sommes très heureux et très honorés de partager ce moment avec la Dream Team composée d’orateurs enthousiastes, experts, et dans le partage de connaissances.

 

Ils ont été choisis par AdesIDEESrh pour ce projet sur les « RH & l’IE. »

 

Au nom des sciences humaines et sociales -invitées à contribuer aux améliorations des pôles économiques-, nous remercions le MEDEF qui nous permet de resituer le patrimoine humain au centre du débat.

 

Au nom de tous les conférenciers qui participent à ce projet : merci pour votre présence et la manifestation de votre intérêt pour le rôle, la place, et les nécessaires métamorphoses du patrimoine humain, seul garant, seul agent actif du projet de pérennité et de développement de notre monde, de notre équilibre, de notre progrès.

 

Nous sommes en crise, c’est-à-dire dans un moment de rupture cruciale et décisive pour l’avenir.

 

Cette rupture est un épisode d’incertitude, de peurs, de violence et de méfiance. Mais élevons-nous au-delà des apparences et regardons les choses autrement : c’est aussi et surtout un champ des possibles.

 

C’est de cet environnement nouveau et à construire dont nous voulons vous parler car nous sommes tous acteurs du changement.

 

C’est pour l’acquisition de nouvelles connaissances sur nos écosystèmes et de solutions à mettre en œuvre pour prendre le virage, vital pour nos économies financière, sociale et culturelle, que nous sommes réunis.

 

Avant de parler des nouvelles adaptations psychologiques et sociales nécessaires au changement (en termes de connaissances, en termes de comportements), examinons les grands faits anthropologiques qui nous engagent à voir les choses d’une façon nouvelle, innovante, optimiste.

 

Nous avons quitté l’ère industrielle pour entrer dans l’ère du numérique. Le passage est fait. Il est irréversible. Il n’y aura pas de retour en arrière.

 

Cette nouvelle étape s’est accompagnée, depuis les années 80, d’une hyper-informatisation.

 

Nous sommes quasiment tous connectés.

 

Les informations sont abondantes, accessibles, dématérialisées, volatiles. Elles peuvent être transférées, détournées, multipliables plus facilement que jamais. Elles sont le capital indispensable à protéger ; la mémoire.

 

Sensibles ou non, elles sont aux mains de personnels qui ne sont pas toujours bien formés pour les sécuriser, et pour détecter leur potentiel stratégique.

 

Oui, mais, ces technologies mises en abondance à notre disposition ont également permis de nous associer en réseaux, d’échanger, de vous contacter.

 

Elles nous permettent la mobilité, le transport rapide d’informations, l’éclatement des frontières, des barrages de langues, et de la temporalité classique.

 

Dans ce changement, une nouvelle branche de l’espèce humaine est apparue : les digital natives, ces enfants du numériques, ceux-là même qui ont contribué à la construction du nouveau monde.

 

Avec eux, encore peu intégrés, peu écoutés, peu pris en compte mais déjà présents dans l’entreprise, sont apparues de nouvelles valeurs sociétales : travailler ensemble, partager l’information, être créatif, recevoir des signes de reconnaissance, comprendre les enjeux, être efficace, œuvrer pour le développement durable et la qualité des images de marques, qu’elles soient privées ou d’Etat.

 

Ont-ils reçu l’éducation nécessaire pour développer le sentiment de citoyenneté, celui d’appartenance, celui de la responsabilité des patrimoines ?

 

Avons-nous, ne devons-nous pas protéger ces nouveaux participants au monde économique afin qu’ils protègent à leur tour ?

 

Les DRH ont-ils reçus toutes les informations utiles pour faire évoluer leurs méthodes de gestion ?

 

Les différentes générations de managers ne doivent-elles pas se mobiliser sur un effort de concertation entre les différentes générations et gérer les différences culturelles ?


Autre grand phénomène historique : les porteurs de l’Intelligence Economique ont fait un fabuleux travail malgré vents et marées, légendes, polémiques et résistances au changement. Les choses sont dites mais il faut continuer d’agir.

 

L’Intelligence Economique a rendu d’immenses services aux entrepreneurs en les réveillant, en faisant passer un message structurel fort : celui de nous rappeler que nous avons des droits mais surtout des devoirs, dès lors que nous participons à la vie de la société.

 

Autre paradigme à prendre en compte : le métissage culturel et interdisciplinaire des populations professionnelles.

 

En plus des enfants du numérique, qui sont les Ressources Humaines dont nous parlons?

Des employés de droits privés, des fonctionnaires, des autodidactes, des personnels en alternance, des diplômés, des handicapés, des hommes et des femmes qui oeuvrent dans les entreprises privées et pour l’Etat, et le feront dans des temps de travail de plus en plus longs.

 

Le passage au numérique a engagé les professionnels de la sécurité des patrimoines à se centrer sur celle de nos prothèses informatiques (le contenant), mais il n’a pas déclenché avec la même intensité, 1/ le développement des formations comportementales en matière de protection des informations stratégiques (nous parlons ici du milieu et du contenu), 2/ un travail naturel d’éducation et de formation pour la compréhension de nos écosystèmes, en situation de concurrence accrue depuis ces dernières années.

 

L’argent -symbole d’abondance et de santé dans nos sociétés- disparaît, il se dématérialise sous forme de flux internétisé. Les échanges de savoirs et les réseaux de contacts ont de plus en plus de valeur.

 

Il faut en outre souligner que la Ressource Humaine n’est pas qu’un simple opérateur en contact avec les technologies sédentaires ou mobiles. Elle est aussi un système d’information à part entière qui doit être respecté, développé et amélioré pour l’adaptation économico-culturelle, la prévention des risques et le développement.

 

Enfin, les DRH sont depuis trop longtemps écartés des projets de protection économique de l’entreprise, qui ne peuvent se passer d’un véritable travail de fond sur celle du patrimoine humain et tandis que cela fait partie intégrante de leur mission.

 

Alors que mieux que quiconque, ils sont capables d’empathie et de compréhension de ce qui se joue dans les relations interpersonnelles, les désirs, les espoirs et les comportements.

N’oublions pas leur mission de médiateurs lorsqu’ils se trouvent confrontés aux problèmes impliquant l’humain.

 

Dernier grand trait de changement culturel à mentionner : le modèle paternaliste a éclaté, les codes de langages et relationnels sont modifiés. Par conséquent, l’autorité n’est plus seule protectrice : la responsabilité est partagée. Mais si elle est partagée par tous, elle implique que les Ressources Humaines soient formées pour cela. Car ce n’est pas « inné » dans nos cultures latines.

 

Nous ne sommes pas dans quelque tribu indienne où l’intérêt collectif l’emporterait de loin sur les succès individuels. Nous ne sommes pas dans des pays en guerre dans lesquels la survie citoyenne activerait probablement des comportements de protection naturels des uns, des autres, des biens et des informations.

 

Mais tout s’apprend. De Sapiens nous sommes passés à Homo-Numericus, c’est là une preuve évidente de nos capacités de projections.

 

Nous disposons de tous les moyens pour nous caler sur les nouvelles exigences induites par notre situation historique, ceci dans la concertation, pour peu que nos perceptions se rapprochent le plus possible de la réalité des faits et des nécessaires changements de comportements, de méthodes, d’outils.

 

Nous espérons que ce colloque, qui est une pierre blanche sur le chemin a parcourir, apportera des illustrations de cette analyse ; qu’il stimulera le développement et la modernisation des pratiques ; qu’il sera un tremplin pour plus de protection de l’humain par la connaissance, la compréhension des mécanismes à maîtriser, l’utilisation de nouvelles technologies d’information et de communication, la conduite du changement, et surtout la formation.

 

Dépasser le problème de la vitesse, accélérer le mouvement et renoncer à quelques archaïsmes, proposent une respiration collective et une ouverture intellectuelle absolument nécessaires à la protection du patrimoine humain et de toutes ses productions.

 

 

 


 

Par isabelletisserand.over-blog.com
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